Maître Gaspard FIX

Erckmann-Chatrian

…C’était le temps de la rage des spéculations, le temps du rétablissement des loteries, le temps des mines d’or de la Californie, le temps de la roulette, du jeu, des entreprises véreuses, des spéculations fantastiques, des sociétés de toute sorte ! Le temps où les plus pauvres vendaient leur bout de champ pour jouer à la hausse et à la baisse ; où l’on ne  lisait plus que  le cours de la Bourse ; (…)

 

Et dans ce temps parut un livre terrible, un des chefs d’œuvre de l’esprit humain, les Châtiments, de Victor Hugo ; il brilla comme un éclair, précurseur de la foudre, au milieu de cette nuit noire des consciences. Ce livre sublime aurait peut-être arrêté la grande bacchanale, si la police… (de Napoléon III)…ne s’était dépêchée de lui fermer la frontière, de le proscrire, de traquer les exemplaires qui circulent secrètement. (…) Voilà comment les gouvernements despotiques éclairent le peuple ; tout ce qui peut lui relever le cœur, tout ce qui peut lui découvrir l’abîme, ils le proscrivent, soit ouvertement, soit en secret ; mais cela n’empêche pas la justice de faire son chemin, et plus elle marche lentement, plus elle est impitoyable.

 

Les fonctionnaires de l’Empire et ses journaux continuèrent donc de célébrer plus que jamais la grandeur et la prospérité de la France.

Savoir, penser, rêver, tout est là. Victor Hugo

LA VALETTE-ÉDITEUR